01.01.2025 - *
01.03.2024 - 31.12.2024 / En vigueur
01.01.2024 - 29.02.2024
01.01.2023 - 31.12.2023
01.01.2022 - 31.12.2022
01.07.2021 - 31.12.2021
01.01.2021 - 30.06.2021
01.01.2020 - 31.12.2020
09.07.2019 - 31.12.2019
01.01.2019 - 08.07.2019
01.01.2018 - 31.12.2018
01.06.2017 - 31.12.2017
01.01.2017 - 31.05.2017
01.01.2016 - 31.12.2016
01.01.2014 - 31.12.2015
01.01.2013 - 31.12.2013
28.08.2012 - 31.12.2012
01.01.2011 - 27.08.2012
01.01.2010 - 31.12.2010
01.01.2009 - 31.12.2009
01.03.2008 - 31.12.2008
01.12.2007 - 29.02.2008
01.01.2007 - 30.11.2007
01.01.2006 - 31.12.2006
01.03.2005 - 31.12.2005
01.01.2005 - 28.02.2005
01.07.2004 - 31.12.2004
01.06.2002 - 30.06.2004
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01.01.2001 - 31.05.2002
01.09.2000 - 31.12.2000
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1

Loi fédérale
sur l'harmonisation des impôts directs
des cantons et des communes
(LHID)

du 14 décembre 1990 (Etat le 21 mai 2002) L'Assemblée fédérale de la Confédération suisse, vu les art. 127, al. 3, et 129, al. 1 et 2, de la Constitution1,2
vu le message du Conseil fédéral du 25 mai 19833, arrête:

Titre 1

Introduction

Art. 1

But et champ d'application 1 La présente loi désigne les impôts directs que les cantons doivent prélever et fixe
les principes selon lesquels la législation cantonale les établit.

2 pour les impôts que les cantons doivent prélever en vertu de l'art. 2, al. 1, la présente loi s'applique également aux communes dans la mesure où le droit cantonal
leur accorde la compétence fiscale.

3 Lorsqu'aucune réglementation particulière n'est prévue, les impôts cantonaux et
communaux sont établis en vertu du droit cantonal. Restent en particulier de la compétence des cantons la fixation des barèmes, celle des taux et celle des montants
exonérés d'impôt.


Art. 2

Impôts directs à prélever 1 Les cantons prélèvent les impôts suivants: a.

Un impôt sur le revenu et un impôt sur la fortune des personnes physiques; b.

Un impôt sur le bénéfice et un impôt sur le capital des personnes morales; c.

Un impôt à la source auprès de certaines personnes physiques et morales; d.

Un impôt sur les gains immobiliers.

2 Les cantons peuvent déterminer si l'impôt sur les gains immobiliers est prélevé par
le canton ou par les communes.

RO 1991 1256 1

RS 101

2

Nouvelle teneur selon le ch. I 2 de la LF du 15 déc. 2000 sur la coordination et
la simplification des procédures de taxation des impôts directs dans les rapports
intercantonaux (RO 2001 1050; FF 2000 3587).

3

FF 1983 III 1 642.14

Impôts

2

642.14

Titre 2

Imposition des personnes physiques Chapitre 1

Assujettissement à l'impôt

Art. 3

Assujettissement à raison du rattachement personnel 1 Les personnes physiques sont assujetties à l'impôt à raison du rattachement personnel, lorsque, au regard du droit fiscal, elles sont domiciliées dans le canton ou
lorsque, sans interruption notable, elles y séjournent pendant 30 jours au moins en
exerçant une activité lucrative, ou pendant 90 jours au moins sans exercer d'activité
lucrative.

2 Une personne a son domicile dans le canton, au regard du droit fiscal, lorsqu'elle y
réside avec l'intention de s'y établir durablement ou lorsqu'elle y a un domicile
légal spécial en vertu du droit fédéral.

3 Le revenu et la fortune des époux qui vivent en ménage commun s'additionnent,
quel que soit le régime matrimonial. Le revenu et la fortune des enfants sous autorité
parentale sont ajoutés à ceux du détenteur de cette autorité. Le produit de l'activité
lucrative des enfants ainsi que les gains immobiliers sont imposés séparément.


Art. 4

Assujettissement à raison du rattachement économique 1 Les personnes physiques qui, au regard du droit fiscal, ne sont ni domiciliées ni en
séjour dans le canton sont assujetties à l'impôt à raison du rattachement économique
lorsqu'elles exploitent une entreprise ou un établissement stable dans le canton,
qu'elles y possèdent des immeubles, en ont la jouissance, servent d'intermédiaires
dans des opérations immobilières ou font du commerce immobilier.

2 Les personnes physiques qui, au regard du droit fiscal, ne sont ni domiciliées ni en
séjour en Suisse sont assujetties à l'impôt à raison du rattachement économique lorsque: a.

Elles exercent une activité lucrative dans le canton; b.

En leur qualité de membres de l'administration ou de la direction d'une personne morale qui a son siège ou un établissement stable dans le canton, elles
reçoivent des tantièmes, jetons de présence, indemnités fixes ou autres
rémunérations;

c.

Elles sont titulaires ou usufruitières de créances garanties par un gage
immobilier ou un nantissement sur des immeubles sis dans le canton; d.

Ensuite d'une activité pour le compte d'autrui régie par le droit public, elles
reçoivent des pensions, des retraites ou d'autres prestations d'un employeur
ou d'une caisse de prévoyance qui a son siège dans le canton; e.

Elles perçoivent des revenus provenant d'institutions suisses de droit privé
ayant trait à la prévoyance professionnelle ou d'autres formes reconnues de
prévoyance individuelle liée; f.

En raison de leur activité dans le trafic international à bord d'un bateau, d'un
aéronef ou d'un véhicule de transports routiers, elles reçoivent un salaire ou

Harmonisation des impôts directs 3

642.14

d'autres rémunérations d'un employeur ayant son siège ou un établissement
stable dans le canton.


Art. 5

Allégements fiscaux

Les cantons peuvent prévoir, par voie législative, des allégements fiscaux en faveur
des entreprises nouvellement créées qui servent les intérêts économiques du canton,
pour l'année de fondation de l'entreprise et pour les neuf années suivantes. La modification importante de l'activité de l'entreprise peut être assimilée à une fondation
nouvelle.


Art. 6

Imposition d'après la dépense 1 Les personnes physiques qui, pour la première fois ou après une absence d'au
moins dix ans, prennent domicile ou séjournent en Suisse, au regard du droit fiscal,
sans y exercer d'activité lucrative, ont le droit, jusqu'à la fin de la période fiscale en
cours, de payer un impôt calculé sur la dépense au lieu des impôts sur le revenu et
sur la fortune.

2 Lorsque ces personnes ne sont pas des ressortissants suisses, le droit de payer l'impôt sur la dépense peut être accordé au-delà de cette limite.

3 L'impôt est calculé sur la base de la dépense du contribuable et de sa famille et il
est perçu d'après le barème ordinaire (art. 11, al. 1). Il ne doit toutefois pas être
inférieur aux impôts calculés d'après le barème ordinaire sur l'ensemble des éléments bruts suivants: a.

La fortune immobilière sise en Suisse et les revenus qui en proviennent; b.

Les objets mobiliers se trouvant en Suisse et les revenus qui en proviennent; c.

Les capitaux mobiliers placés en Suisse, y compris les créances garanties par
gage immobilier, et les revenus qui en proviennent; d.

Les droits d'auteur, brevets et autres droits analogues exploités en Suisse et
les revenus qui en proviennent; e.

Les retraites, rentes et pensions de source suisse; f.

Les revenus pour lesquels le contribuable requiert un dégrèvement partiel ou
total d'impôts étrangers en application d'une convention conclue par la
Suisse en vue d'éviter les doubles impositions.

Chapitre 2

Impôt sur le revenu Section 1

Revenus


Art. 7

Principe

1 L'impôt sur le revenu a pour objet tous les revenus du contribuable, qu'ils soient
uniques ou périodiques, en particulier le produit d'une activité lucrative dépendante
ou indépendante, le rendement de la fortune y compris la valeur locative de l'habita

Impôts

4

642.14

tion du contribuable dans son propre immeuble, les prestations d'institutions de prévoyance professionnelle ainsi que les rentes viagères.

1bis En cas de vente de droits de participation, au sens de l'art. 4a de la loi fédérale
du 13 octobre 19654 sur l'impôt anticipé, à la société de capitaux ou à la société
coopérative qui les a émis, le revenu de la fortune est considéré comme étant réalisé
dans l'année pendant laquelle la créance d'impôt prend naissance (art. 12, al. 1 et
1bis, de la LF du 13 oct. 1965 sur l'impôt anticipé).5 1ter Les rendements versés, en cas de vie ou de rachat, d'assurances de capitaux susceptibles de rachat et acquittées au moyen d'une prime unique sont imposables, sauf
si ces assurances servent à la prévoyance. La prestation d'assurance est réputée servir à la prévoyance lorsqu'elle est versée à un assuré de 60 ans révolus, en vertu
d'un contrat qui a duré au moins cinq ans et qui a été conclu avant le 66e anniversaire de ce dernier. Dans ce cas, la prestation est exonérée.6 2 Les rentes viagères et les revenus provenant de contrats d'entretien viager sont
imposables à raison de 40 %.7 3 Les revenus provenant de parts de fonds de placement (art. 20, al. 1, phr. 2) sont
imposables lorsque l'ensemble des revenus du fonds dépasse le rendement des
immeubles en propriété directe.

4 Sont seuls exonérés de l'impôt: a.

Le produit de l'aliénation des droits de souscription, lorsque les droits patrimoniaux font partie de la fortune privée du contribuable; b.

Les gains en capital réalisés sur des éléments de la fortune privée du contribuable. L'art. 12, al. 2, let. a et d, est réservé; c.

Les dévolutions de fortune ensuite d'une succession, d'un legs, d'une donation ou de la liquidation du régime matrimonial; d.8 Les versements provenant d'assurances de capitaux privées susceptibles de rachat, à l'exception des polices de libre-passage. L'al. 1ter est réservé; e.

Les prestations en capital versées par l'employeur ou par une institution de
prévoyance professionnelle lors d'un changement d'emploi, lorsque le bénéficiaire les réinvesti dans le délai d'un an dans une institution de prévoyance
professionnelle ou les utilise pour acquérir une police de libre-passage; f.

Les subsides provenant de fonds publics ou privés; g.

Les prestations versées en exécution d'une obligation fondée sur le droit de
la famille, à l'exception de la pension alimentaire que le conjoint divorcé, 4 RS

642.21

5

Introduit par le ch. I 2 de la LF du 10 oct. 1997 sur la réforme 1997 de l'imposition des
sociétés, en vigueur depuis le 1er janv. 1998 (RO 1998 669 677; FF 1997 II 1058).

6

Introduit par le ch. I 6 de la LF du 19 mars 1999 sur le programme de stabilisation 1998,
en vigueur depuis le 1er janv. 2001 (RO 1999 2374 2385; FF 1999 3).

7

Nouvelle teneur selon le ch. I 6 de la LF du 19 mars 1999 sur le programme de
stabilisation 1998, en vigueur depuis le 1er janv. 2001 (RO 1999 2374 2385; FF 1999 3).

8

Nouvelle teneur selon le ch. I 6 de la LF du 19 mars 1999 sur le programme de
stabilisation 1998, en vigueur depuis le 1er janv. 2001 (RO 1999 2374 2385; FF 1999 3).

Harmonisation des impôts directs 5

642.14

séparé judiciairement ou de fait obtient pour lui-même et des contributions
d'entretien que l'un des parents reçoit pour les enfants sur lesquels il a
l'autorité parentale;

h.9 La solde du service militaire et l'indemnité de fonction pour service de protection civile, ainsi que l'argent de poche des personnes astreintes au service
civil;

i.

Les versements à titre de réparation du tort moral; k.

Les revenus perçus en vertu de la législation fédérale sur les prestations
complémentaires à l'assurance-vieillesse, survivants et invalidité; l.10 les gains provenant des jeux de hasard exploités dans les maisons de jeu au sens de la loi du 18 décembre 1998 sur les maisons de jeu11.


Art. 8

Activité lucrative indépendante 1 Le produit de l'activité lucrative indépendante comprend également tous les bénéfices en capital provenant de l'aliénation, de la réalisation, de la réévaluation comptable, du transfert dans la fortune privée ou dans une entreprise ou un établissement
stable sis à l'étranger d'éléments de la fortune commerciale; en sont exclus les bénéfices provenant de l'aliénation d'immeubles agricoles ou sylvicoles, dans la mesure
où le produit de l'aliénation est supérieur aux dépenses d'investissement. L'art. 12,
al. 4, est réservé.

2 La fortune commerciale comprend tous les éléments de la fortune qui servent,
entièrement ou de manière prépondérante, à l'exercice de l'activité lucrative indépendante; il en va de même pour les participations d'au moins 20 % au capitalactions ou au capital social d'une société de capitaux ou d'une société coopérative,
dans la mesure où le détenteur les déclare comme fortune commerciale, au moment
de leur acquisition.12 3 Les réserves latentes d'une entreprise de personnes ne sont pas imposées aussi
longtemps que dure l'assujettissement à l'impôt en Suisse, qu'il n'y ait pas de réévaluation comptable et que les éléments commerciaux soient repris à leur dernière
valeur déterminante pour l'impôt sur le revenu: a.

En cas de changement de la forme juridique d'une entreprise de personnes
ou de transformation en une personne morale, lorsque l'exploitation se poursuit sans changement et que les participations restent en principe proportionnellement les mêmes; b.

En cas de concentration d'entreprises par transfert de tous les actifs et passifs à une autre entreprise de personnes ou à une personne morale; 9

Nouvelle teneur selon le ch. 8 de l'annexe à la LF du 6 oct. 1995 sur le service civil,
en vigueur depuis le 1er oct. 1996 (RS 824.0).

10

Introduite par le ch. 3 de l'annexe à la loi du 18 déc. 1998 sur les maisons de jeu,
en vigueur depuis le 1er avril 2000 (RS 935.52).

11

RS 935.52

12

Nouvelle teneur selon le ch. I 6 de la LF du 19 mars 1999 sur le programme de
stabilisation 1998, en vigueur depuis le 1er janv. 2001 (RO 1999 2374 2385; FF 1999 3).

Impôts

6

642.14

c.

En cas de scission d'une entreprise de personnes, par transfert de parties distinctes de celle-ci à d'autres entreprises de personnes ou à des personnes
morales, lorsque l'exploitation de ces parties se poursuit sans changement.

4 Lorsque des biens immobilisés nécessaires à l'exploitation sont remplacés, les
réserves latentes inhérentes à ces biens peuvent être reportées, dans un délai raisonnable, sur des éléments acquis en remploi qui remplissent la même fonction; le
report de réserves latentes sur des éléments de fortune sis hors de Suisse est exclu.

Section 2

Déductions


Art. 9

En général

1 Les dépenses nécessaires à l'acquisition du revenu et les déductions générales sont
défalquées de l'ensemble des revenus imposables. Les frais de perfectionnement et
de reconversion professionnels en rapport avec l'activité exercée font également partie des dépenses nécessaires à l'acquisition du revenu.

2 Les déductions générales sont: a.13 Les intérêts passifs privés à concurrence du rendement imposable de la fortune au sens de l'art. 7, augmenté d'un montant de 50 000 francs;

b.14 les charges durables et 40 % des rentes viagères versées par le débirentier; c.

La pension alimentaire versée au conjoint divorcé, séparé judiciairement ou
de fait, ainsi que les contributions d'entretien versées à l'un des parents pour
les enfants sur lesquels il a l'autorité parentale, à l'exclusion toutefois des
prestations versées en exécution d'une obligation d'entretien ou d'assistance
fondée sur le droit de la famille; d.

Les primes, cotisations et montants légaux, statutaires ou réglementaires versés en vue de l'acquisition des droits aux prestations de l'assurancevieillesse et survivants, de l'assurance-invalidité et dans le cadre d'institutions de la prévoyance professionnelle; e.

Les primes, cotisations et montants versés en vue de l'acquisition de droits
contractuels dans des formes reconnues de la prévoyance individuelle liée,
jusqu'à concurrence d'un montant déterminé; f.

Les primes et cotisations versées en vertu de la réglementation sur les allocations pour perte de gain et des dispositions sur l'assurance-chômage et
l'assurance-accidents obligatoire; g.

Les versements, cotisations et primes d'assurances-vie, d'assurances-maladie
et ceux d'assurances-accidents qui ne tombent pas sous le coup de la let. f
ainsi que les intérêts des capitaux d'épargne du contribuable et des person13

Nouvelle teneur selon le ch. I 6 de la LF du 19 mars 1999 sur le programme de
stabilisation 1998, en vigueur depuis le 1er janv. 2001 (RO 1999 2374 2385; FF 1999 3).

14

Nouvelle teneur selon le ch. I 6 de la LF du 19 mars 1999 sur le programme de
stabilisation 1998, en vigueur depuis le 1er janv. 2001 (RO 1999 2374 2385; FF 1999 3).

Harmonisation des impôts directs 7

642.14

nes à l'entretien desquelles il pourvoit, jusqu'à concurrence d'un montant
déterminé par le droit cantonal; ce montant peut revêtir la forme d'un forfait; h.

Les frais provoqués par la maladie, les accidents ou l'invalidité du contribuable ou d'une personne à l'entretien de laquelle il subvient, lorsque le
contribuable supporte lui-même ces frais et que ceux-ci excèdent une franchise déterminée par le droit cantonal; i.

Les versements bénévoles à des personnes morales qui ont leur siège en
Suisse et sont exonérées de l'impôt en raison de leurs buts de service public
ou de pure utilité publique, dans les limites fixées par le droit cantonal; k.

Une déduction sur le produit du travail qu'obtient l'un des conjoints lorsque
son activité est indépendante de la profession, du commerce ou de l'entreprise de l'autre, jusqu'à concurrence d'un montant déterminé par le droit
cantonal; une déduction analogue est accordée lorsque l'un des conjoints
seconde l'autre de manière importante dans sa profession, son commerce ou
son entreprise.

3 Sur les immeubles que possède le contribuable, les cantons peuvent prévoir des
déductions pour la protection de l'environnement, les mesures d'économie d'énergie
et la restauration des monuments historiques. Ce cas est soumis à la réglementation
suivante:

a.

Le Département fédéral des finances détermine en collaboration avec les
cantons dans quelle mesure les investissements destinés à économiser l'énergie et à ménager l'environnement peuvent être assimilés à des frais d'entretien; b.

Pour autant qu'ils ne soient pas subventionnés, les frais occasionnés par des
travaux de restauration de monuments historiques sont déductibles dans la
mesure où le contribuable les a entrepris en vertu de dispositions légales, en
accord avec les autorités ou sur ordre d'une autorité administrative.

4 On n'admettra pas d'autres déductions. Les déductions pour enfants et autres
déductions sociales de droit cantonal sont réservées.


Art. 10

Activité lucrative indépendante 1 Les frais justifiés par l'usage commercial ou professionnel qui peuvent être déduits
comprennent notamment: a.

Les amortissements justifiés d'éléments de la fortune commerciale; b.

Les provisions constituées pour couvrir des engagements dont le montant est
encore indéterminé ou d'autres risques de pertes imminentes; c.

Les pertes effectives sur des éléments de la fortune commerciale, qui ont été
comptabilisées;

d.

Les versements à des institutions de prévoyance en faveur du personnel de
l'entreprise, à condition que toute utilisation contraire à leur but soit exclue;

Impôts

8

642.14

e.15 les intérêts des dettes commerciales ainsi que les intérêts versés sur les participations visées à l'art. 8, al. 2.

1bis Les commissions occultes, au sens du droit pénal suisse, versées à des agents
publics suisses ou étrangers, ne sont pas déductibles.16 2 Lorsqu'elles n'ont pas pu être prises en considération lors du calcul du revenu
imposable des années précédentes, les pertes des trois périodes de calcul précédentes
sont déduites du revenu moyen de la période de calcul (art. 15, al. 2).17 3 Les pertes des exercices antérieurs qui n'ont pas encore pu être déduites du revenu
peuvent être soustraites des prestations de tiers destinées à équilibrer un bilan déficitaire dans le cadre d'un assainissement.

4 Les al. 2 et 3 sont aussi applicables en cas de transfert du domicile au regard du
droit fiscal ou du lieu d'exploitation de l'entreprise à l'intérieur de la Suisse.18 Section 3

Calcul de l'impôt

Art. 11

1 L'impôt des personnes mariées vivant en ménage commun doit être réduit de
manière appropriée par rapport à celui des personnes vivant seules. Cette même
réduction est valable pour les contribuables veufs, séparés, divorcés ou célibataires
qui font ménage commun avec des enfants ou des personnes nécessiteuses et dont ils
assurent pour l'essentiel l'entretien. Le droit cantonal détermine si la réduction est
accordée sous forme d'une déduction en pour cent sur le montant de l'impôt, dans
des limites exprimées en francs, ou sous forme de barèmes différents pour les personnes seules et les personnes mariées.

2 Lorsque le revenu comprend des versements de capitaux remplaçant des prestations périodiques, le calcul de l'impôt est effectué compte tenu des autres revenus,
au taux qui serait applicable si une prestation annuelle correspondante était versée
en lieu et place de la prestation unique.

3 Les prestations en capital provenant des institutions de prévoyance, ainsi que les
sommes versées ensuite de décès, de dommages corporels permanents ou d'atteinte
durable à la santé sont imposées séparément. Elles sont dans tous les cas soumises à
un impôt annuel entier.

15

Introduite par le ch. I 6 de la LF du 19 mars 1999 sur le programme de stabilisation 1998,
en vigueur depuis le 1er janv. 2001 (RO 1999 2374 2385; FF 1999 3).

16

Introduit par le ch. II de la LF du 22 déc. 1999 sur l'interdiction de déduire fiscalement
les commissions occultes, en vigueur depuis le 1er janv. 2001 (RO 2000 2147 2148;
FF 1997 II 929, IV 1195).

17

Nouvelle teneur selon le ch. I 2 de la LF du 15 déc. 2000 sur la coordination et la
simplification des procédures de taxation des impôts directs dans les rapports intercantonaux (RO 2001 1050; FF 2000 3587).

18

Introduit par le ch. I 2 de la LF du 15 déc. 2000 sur la coordination et la simplification
des procédures de taxation des impôts directs dans les rapports intercantonaux
(RO 2001 1050; FF 2000 3587).

Harmonisation des impôts directs 9

642.14

Chapitre 3

Impôt sur les gains immobiliers

Art. 12

1 L'impôt sur les gains immobiliers a pour objet les gains réalisés lors de l'aliénation
de tout ou partie d'un immeuble faisant partie de la fortune privée du contribuable
ou d'un immeuble agricole ou sylvicole, à condition que le produit de l'aliénation
soit supérieur aux dépenses d'investissement (prix d'acquisition ou autre valeur s'y
substituant, impenses).

2 Toute aliénation d'immeubles est imposable. Sont assimilés à une aliénation: a.

Les actes juridiques qui ont les mêmes effets économiques qu'une aliénation
sur le pouvoir de disposer d'un immeuble; b.

Le transfert de tout ou partie d'un immeuble de la fortune privée à la fortune
commerciale du contribuable; c.

La constitution de servitudes de droit privé sur un immeuble ou les restrictions de droit public à la propriété foncière, lorsque celles-ci limitent l'exploitation ou diminuent la valeur vénale de l'immeuble de manière durable
et essentielle et qu'elles donnent lieu à une indemnité; d.

Le transfert de participations à des sociétés immobilières qui font partie de la
fortune privée du contribuable, dans la mesure où le droit cantonal en prévoit l'imposition; e.

Les plus-values résultant de mesures d'aménagement au sens de la loi fédérale du 22 juin 1979 sur l'aménagement du territoire19, obtenues indépendamment d'une aliénation dans la mesure où le droit cantonal les soumet à
l'impôt sur les gains immobiliers.

3 L'imposition est différée: a.

En cas de transfert de propriété par succession (dévolution d'hérédité, partage successoral, legs), avancement d'hoirie ou donation; b.20 En cas de transfert de propriété entre époux en rapport avec le régime matrimonial ou en cas de dédommagement de contributions extraordinaires
d'un époux à l'entretien de la famille (art. 165 CC21) ou de prétentions
découlant du droit du divorce, pour autant que les deux époux soient
d'accord;

c.

En cas de remembrement opéré soit en vue d'un remaniement parcellaire, de
l'établissement d'un plan de quartier, de rectification de limites ou
d'arrondissement d'une aire agricole, soit dans le cadre d'une procédure
d'expropriation ou en raison d'une expropriation imminente; d.

En cas d'aliénation totale ou partielle d'un immeuble agricole ou sylvicole, à
condition que le produit de l'aliénation soit utilisé dans un délai raisonnable 19

RS 700

20

Nouvelle teneur selon le ch. 4 de l'annexe à la LF du 26 juin 1998, en vigueur depuis le
1er janv. 2000 (RO 1999 1118 1142; FF 1996 I 1).

21

RS 210

Impôts

10

642.14

pour l'acquisition d'un immeuble de remplacement exploité par le contribuable lui-même ou pour l'amélioration d'immeubles agricoles ou sylvicoles
appartenant au contribuable et exploités par lui-même; e.

En cas d'aliénation de l'habitation (maison ou appartement) ayant durablement et exclusivement servi au propre usage de l'aliénateur, dans la mesure
où le produit ainsi obtenu est affecté, dans un délai approprié, à l'acquisition
ou à la construction en Suisse d'une habitation servant au même usage.

4 Les cantons peuvent percevoir l'impôt sur les gains immobiliers également sur les
gains réalisés lors de l'aliénation d'immeubles faisant partie de la fortune commerciale du contribuable, à condition que ces gains ne soient pas soumis à l'impôt sur le
revenu ou sur le bénéfice ou que l'impôt sur les gains immobiliers soit déduit de
l'impôt sur le revenu ou sur le bénéfice. Dans l'un et l'autre cas: a.

Les faits mentionnés aux art. 8, al. 3 et 4, et 24, al. 4, ainsi que la transformation de personnes morales en entreprises de personnes sont assimilés à
des aliénations dont l'imposition est différée pour l'impôt sur les gains
immobiliers;

b.

Le transfert de tout ou partie d'un immeuble de la fortune privée du contribuable dans sa fortune commerciale ne peut être assimilé à une aliénation.

5 Les cantons veillent à ce que les bénéfices réalisés à court terme soient imposés
plus lourdement.

Chapitre 4

Impôt sur la fortune

Art. 13

Objet de l'impôt

1 L'impôt sur la fortune a pour objet l'ensemble de la fortune nette.

2 La fortune grevée d'usufruit est imposable auprès de l'usufruitier.

3 Les parts de fonds de placement (art. 20, al. 1, phr. 2) sont imposables pour la différence entre la valeur de l'ensemble des actifs du fonds et celle de ses immeubles en
propriété directe.

4 Le mobilier de ménage et les objets personnels d'usage courant ne sont pas imposés.


Art. 14

Règles d'évaluation

1 La fortune est estimée à la valeur vénale. Toutefois, la valeur de rendement peut
être prise en considération de façon appropriée.

2 Les immeubles affectés à l'agriculture ou à la sylviculture sont estimés à leur
valeur de rendement. Le droit cantonal peut prévoir que la valeur vénale doit être
prise en compte lors de l'estimation ou que la différence entre la valeur vénale et la
valeur de rendement fait l'objet d'une imposition complémentaire si l'immeuble est
aliéné ou n'est plus affecté à l'agriculture ou à la sylviculture. L'imposition complémentaire ne peut excéder une durée de 20 ans.

Harmonisation des impôts directs 11

642.14

3 Les biens immatériels et la fortune mobilière (à l'exception des papiers-valeurs)
qui font partie de la fortune commerciale du contribuable sont estimés à la valeur
déterminante pour l'impôt sur le revenu.

Chapitre 5

Imposition dans le temps

Art. 15

Période fiscale et période de calcul 1 Les impôts sur le revenu et sur la fortune sont fixés pour une période fiscale de
deux ans (deux années civiles) et prélevés chaque année fiscale (une année civile).

2 L'impôt sur le revenu est calculé sur la base du revenu moyen des deux années
civiles précédant la période fiscale ou du résultat moyen, calculé sur douze mois, des
exercices commerciaux clos pendant ces deux ans.

3 Au début de l'assujettissement, le revenu est calculé sur la base du revenu acquis
depuis lors, calculé sur douze mois.22 4 L'impôt sur la fortune est calculé d'après l'état et la valeur de la fortune au début
de la période fiscale ou de l'assujettissement. Les papiers-valeurs cotés qui font
l'objet de transactions en Suisse sont estimés au cours moyen du mois qui précède le
début de la période fiscale ou de l'assujettissement.

5 Si le contribuable est assujetti à l'impôt durant une partie seulement de la période
fiscale, l'impôt est perçu proportionnellement à la durée de l'assujettissement. Le
taux de l'impôt sur le revenu est alors fixé sur la base d'un revenu calculé sur douze
mois.


Art. 16

Période fiscale annuelle facultative Les cantons sont libres, en dérogation à l'art. 15, de fixer et de prélever les impôts
sur le revenu et sur la fortune pour une période fiscale d'une année correspondant à
l'année civile. Sont valables dans ce cas les dispositions du titre septième (art. 62 à
70).


Art. 17

Taxation intermédiaire Le revenu et la fortune font l'objet d'une taxation intermédiaire en cas: a.

De divorce ou de séparation durable de droit ou de fait des époux; b.

De modification durable et essentielle des bases de l'activité lucrative
ensuite du début ou de la cessation de l'activité lucrative ou d'un changement de profession; c.

De dévolution pour cause de mort; d.

De modification des bases de répartition intercantonale ou internationale.

22

Nouvelle teneur selon le ch. I 2 de la LF du 15 déc. 2000 sur la coordination et
la simplification des procédures de taxation des impôts directs dans les rapports
intercantonaux (RO 2001 1050; FF 2000 3587).

Impôts

12

642.14


Art. 18

Taxation spéciale

1 A la fin de l'assujettissement ou lors d'une taxation intermédiaire, les bénéfices en
capital définis à l'art. 8, al. 1, les versements de capitaux remplaçant des prestations
périodiques, les gains de loterie et d'autres institutions analogues, les indemnités
obtenues pour la cessation d'une activité ou la renonciation à celle-ci ou pour la
renonciation à l'exercice d'un droit qui n'ont pas été imposés comme revenu ou qui
ne l'ont pas encore été pendant une période fiscale entière sont soumis ensemble,
pendant la période fiscale au cours de laquelle ils ont été acquis, à un impôt annuel
entier perçu au taux applicable à ces seuls revenus. Les revenus imposés conformément au présent alinéa ne sont pas pris en considération lors de la taxation
ordinaire. Les taxations ordinaires déjà effectuées doivent être révisées.

2 L'impôt annuel prévu à l'al. 1 et l'impôt sur les prestations mentionnées à l'art. 11,
al. 3, sont fixés pour la période fiscale au cours de laquelle les revenus ont été
acquis. Lorsque plusieurs gains en capital sont réalisés la même année fiscale,
l'impôt est calculé au taux applicable à l'ensemble de ces gains.


Art. 19

Gains immobiliers

L'impôt sur les gains immobiliers est fixé pour la période fiscale au cours de
laquelle le gain a été réalisé.

Titre 3

Imposition des personnes morales Chapitre 1 Assujettissement à l'impôt

Art. 20

Assujettissement à raison du rattachement personnel 1 Les sociétés de capitaux, les sociétés coopératives, les associations, les fondations
et les autres personnes morales sont assujetties à l'impôt, lorsqu'elles ont leur siège
ou leur administration effective dans le canton. Les fonds de placement qui possèdent des immeubles en propriété directe au sens de l'art. 31, al. 2, let. a, de la loi
fédérale du 1er juillet 196623 sur les fonds de placement sont assimilés aux autres
personnes morales.

2 Les personnes morales, les sociétés commerciales et les communautés de personnes étrangères sont assimilées aux personnes morales suisses dont elles se rapprochent le plus par leur forme juridique ou leurs structures effectives.


Art. 21

Assujettissement à raison du rattachement économique 1 Les personnes morales dont le siège ou l'administration effective se trouve hors du
canton sont assujetties à l'impôt, lorsque: a.

Elles sont associées à une entreprise établie dans le canton; b.

Elles exploitent un établissement stable dans le canton; 23

[RO 1967 125, 1971 808 ch. III 3, 1974 annexe ch. 21. RO 1994 2523 art. 73 let. a].
Actuellement «LF du 18 mars 1994» (RS 951.31).

Harmonisation des impôts directs 13

642.14

c.

Elles sont propriétaires d'un immeuble sis dans le canton ou qu'elles ont sur
un tel immeuble des droits de jouissance réels ou des droits personnels assimilables économiquement à des droits de jouissance réels.

2 Les personnes morales qui ont leur siège ou leur administration effective à l'étranger sont en outre assujetties à l'impôt, lorsque: a.

Elles sont titulaires ou usufruitières de créances garanties par un gage
immobilier ou un nantissement sur des immeubles sis dans le canton; b.

Elles font le commerce d'immeubles sis dans le canton ou servent d'intermédiaires dans de telles opérations.


Art. 22


24

Modification de l'assujettissement 1 En cas de transfert du siège ou de l'administration effective d'un canton à un autre
au cours d'une période fiscale, la personne morale est assujettie à l'impôt dans ces
cantons pour la période fiscale entière. L'autorité de taxation au sens de l'art. 39,
al. 2, est celle du canton du siège ou de l'administration effective à la fin de la
période fiscale.

2 L'assujettissement à raison du rattachement économique, fondé sur l'art. 21, al. 1,
dans un autre canton que celui du siège ou de l'administration effective, s'étend à la
période fiscale entière, même s'il est créé, modifié ou supprimé au cours de celle-ci.

3 Le bénéfice et le capital sont répartis entre les cantons concernés conformément
aux règles du droit fédéral relatives à l'interdiction de la double imposition intercantonale, applicables par analogie.


Art. 23

Exonérations

1 Seuls sont exonérés de l'impôt: a.

La Confédération et ses établissements, dans les limites fixées par la législation fédérale; b.

Le canton et ses établissements dans les limites fixées par le droit cantonal; c.

Les communes, les paroisses, ainsi que les autres collectivités territoriales du
canton, et leurs établissements, dans les limites fixées par le droit cantonal; d.

Les institutions de prévoyance professionnelle d'entreprises qui ont leur
domicile, leur siège ou un établissement stable en Suisse et d'entreprises qui
les touchent de près, à condition que les ressources de ces institutions soient
affectées durablement et exclusivement à la prévoyance en faveur du personnel; e.

Les caisses indigènes d'assurances sociales et de compensation, notamment
les caisses d'assurance chômage, d'assurance maladie, d'assurance vieillesse 24

Nouvelle teneur selon le ch. I 2 de la LF du 15 déc. 2000 sur la coordination et
la simplification des procédures de taxation des impôts directs dans les rapports
intercantonaux (RO 2001 1050; FF 2000 3587).

Impôts

14

642.14

et d'assurance invalidité et survivants, à l'exception des sociétés d'assurances concessionnaires; f.

Les personnes morales qui poursuivent des buts de service public ou de pure
utilité publique, sur le bénéfice et le capital exclusivement et irrévocablement affectés à ces buts. Des buts économiques ne peuvent être considérés
en principe comme étant d'intérêt public. L'acquisition et l'administration
de participations en capital importantes à des entreprises ont un caractère
d'utilité publique lorsque l'intérêt au maintien de l'entreprise occupe une
position subalterne par rapport au but d'utilité publique et que des activités
dirigeantes ne sont pas exercées; g.

Les personnes morales qui visent des buts cultuels dans le canton ou sur le
plan suisse, sur le bénéfice et le capital exclusivement et irrévocablement
affectés à ces buts;

h.

Les Etats étrangers, sur leurs immeubles suisses affectés exclusivement à
l'usage direct de leurs représentations diplomatique et consulaire, sous
réserve de réciprocité.

2 Les cantons peuvent, au surplus, exonérer en tout ou en partie les entreprises de
transport concessionnaires, lorsque leur importance dans la politique des transports
et leur situation financière le justifient.

3 Les cantons peuvent prévoir, par voie législative, des allégements fiscaux en faveur
des entreprises nouvellement créées qui servent les intérêts économiques du canton,
pour l'année de fondation de l'entreprise et pour les neuf années suivantes. Une
modification importante de l'activité de l'entreprise peut être assimilée à une fondation.

4 Les personnes morales mentionnées à l'al. 1, let. d à g, sont toutefois soumises
dans tous les cas à l'impôt sur les gains immobiliers. Les dispositions relatives aux
biens acquis en remploi (art. 8, al. 4), aux amortissements (art. 10, al. 1, let. a), aux
provisions (art. 10, al. 1, let. b) et à la déduction des pertes (art. 10, al. 1, let. c)
s'appliquent par analogie.

Chapitre 2

Impôt sur le bénéfice Section 1

Objet de l'impôt

Art. 24

En général

1 L'impôt sur le bénéfice a pour objet l'ensemble du bénéfice net, y compris: a.

Les charges non justifiées par l'usage commercial, portées au débit du
compte de résultats;

b.

Les produits et les bénéfices en capital, de liquidation et de réévaluation qui
n'ont pas été portés au crédit de ce compte; c.

Les intérêts sur le capital propre dissimulé (art. 29, al. 3).

2 Ne constituent pas un bénéfice imposable:

Harmonisation des impôts directs 15

642.14

a.

Les apports des membres de sociétés de capitaux et de sociétés coopératives,
y compris l'agio et les prestations à fonds perdu; b.

Le transfert du siège, de l'administration, d'une entreprise ou d'un établissement stable dans un autre canton, à condition qu'il n'y ait ni aliénation ni
réévaluation comptable; c.

Les augmentations de fortune provenant d'une succession, d'un legs ou
d'une donation.

3 Les réserves latentes ne sont pas imposées aussi longtemps que dure l'assujettissement à l'impôt en Suisse, qu'il n'y ait pas de réévaluation comptable et que les éléments commerciaux soient repris à leur dernière valeur déterminante pour l'impôt
sur le bénéfice:

a.

En cas de transformation en une société de capitaux d'une autre forme juridique ou en une société coopérative, lorsque l'exploitation se poursuit sans
changement et que les participations restent en principe proportionnellement
les mêmes;

b.

En cas de concentration d'entreprises, par transfert de tous les actifs et passifs à une autre société de capitaux ou à une société coopérative (fusion au
sens des art. 748 à 750 CO25 ou cession d'entreprise au sens de l'art. 181
CO);

c.

En cas de scission d'une entreprise par transfert de parties distinctes de
celle-ci à d'autres sociétés de capitaux ou sociétés coopératives, lorsque
l'exploitation de ces parties se poursuit sans changement.

3bis Lorsqu'une société de capitaux ou une société coopérative qui n'est pas visée à
l'art. 28, al. 2 et 3, transfère une participation à une société du même groupe sise à
l'étranger, l'imposition de la différence entre la valeur déterminante pour l'impôt sur
le bénéfice et la valeur vénale de la participation est différée. Le report de
l'imposition prend fin si la participation transférée est vendue à un tiers étranger au
groupe ou si la société dont les droits de participation ont été transférés aliène une
part importante de ses actifs et passifs ou encore si elle est liquidée.26 4 Les dispositions relatives aux biens acquis en remploi (art. 8, al. 4), aux amortissements (art. 10, al. 1, let. a), aux provisions (art. 10, al. 1, let. b) et à la déduction
des pertes (art. 10, al. 1, let. c) sont applicables par analogie.

5 Les prestations que des entreprises d'économie mixte accomplissant une tâche
d'intérêt public fournissent de manière prépondérante à des entités qui leur sont proches sont évaluées au prix du marché, à leur coût de production majoré d'une marge
appropriée ou à leur prix de vente final diminué d'une marge de bénéfice appropriée; le résultat de chaque entreprise est ajusté en conséquence.

25

RS 220

26

Introduit par le ch. I 2 de la LF du 10 oct. 1997 sur la réforme 1997 de l'imposition des
sociétés, en vigueur depuis le 1er janv. 1998 (RO 1998 669 677; FF 1997 II 1058).

Impôts

16

642.14


Art. 25

Charges

1 Les charges justifiées par l'usage commercial comprennent également: a.

Les impôts fédéraux, cantonaux et communaux, mais non les amendes fiscales; b.

Les versements à des institutions de prévoyance en faveur du personnel de
l'entreprise, à condition que toute utilisation contraire à leur but soit exclue; c.

Les versements bénévoles à des personnes morales qui ont leur siège en
Suisse et qui sont exonérées des impôts en raison de leurs buts de service
public ou de pure utilité publique, dans les limites fixées par le droit cantonal; d.

Les rabais, escomptes, bonifications et ristournes accordés sur la contrevaleur de livraisons et de prestations ainsi que les parts de bénéfice des compagnies d'assurances destinées à être réparties entre les assurés.

1bis Les commissions occultes, au sens du droit pénal suisse, versées à des agents
publics suisses ou étrangers, ne font pas partie des charges justifiées par l'usage
commercial.27

2 Lorsqu'elles n'ont pas pu être prises en considération lors du calcul du bénéfice
net imposable de ces années, les pertes des sept exercices précédant la période fiscale sont déduites du bénéfice net de cette période (art. 31, al. 2).28 3 Les pertes des exercices antérieurs qui n'ont pas encore pu être déduites du bénéfice peuvent également être défalquées des prestations qui sont destinées à équilibrer
un bilan déficitaire dans le cadre d'un assainissement et qui ne sont pas des apports
au sens de l'article 24, al. 2, let. a.

4 Les al. 2 et 3 sont aussi applicables en cas de transfert du siège ou de l'administration effective à l'intérieur de la Suisse.29

Art. 26

Associations, fondations et fonds de placement 1 Les cotisations versées aux associations par leurs membres et les apports à la fortune des fondations ne font pas partie du bénéfice imposable.

2 Les dépenses liées à l'acquisition des recettes imposables des associations peuvent
être entièrement déduites de ces recettes; les autres dépenses ne peuvent l'être que
dans la mesure où elles excédent les cotisations des membres.

3 Les fonds de placement (art. 20, al. 1) sont soumis à l'impôt sur le bénéfice pour le
rendement des immeubles qu'ils possèdent en propriété directe.

27

Introduit par le ch. II de la LF du 22 déc. 1999 sur l'interdiction de déduire fiscalement
les commissions occultes, en vigueur depuis le 1er janv. 2001 (RO 2000 2147 2148;
FF 1997 II 929, IV 1195).

28

Nouvelle teneur selon le ch. I 2 de la LF du 15 déc. 2000 sur la coordination et
la simplification des procédures de taxation des impôts directs dans les rapports
intercantonaux (RO 2001 1050; FF 2000 3587).

29

Introduit par le ch. I 2 de la LF du 15 déc. 2000 sur la coordination et la simplification
des procédures de taxation des impôts directs dans les rapports intercantonaux
(RO 2001 1050; FF 2000 3587).

Harmonisation des impôts directs 17

642.14

Section 2

Calcul de l'impôt

Art. 27

En général

1 Les sociétés de capitaux et les sociétés coopératives sont imposées selon le même
barème.

2 Les éventuels impôts minimaux prélevés sur des facteurs de remplacement sont
déduits des impôts sur le bénéfice et sur le capital.


Art. 28

Cas particuliers

1 Lorsqu'une société de capitaux ou une société coopérative possède 20 pour cent au
moins du capital-actions ou du capital social d'une autre société ou une participation
représentant une valeur vénale d'au moins 2 millions de francs, l'impôt sur le bénéfice est réduit proportionnellement au rapport entre le rendement net des participations et le bénéfice net total. Le rendement net des participations correspond au
revenu de ces participations diminué des frais de financement y relatifs et d'une contribution de 5 pour cent destinée à la couverture des frais d'administration, sous
réserve de la preuve de frais d'administration effectifs inférieurs ou supérieurs à ce
taux. Sont réputés frais de financement les intérêts passifs ainsi que d'autres frais
économiquement assimilables à des intérêts passifs.30 1bis Les cantons peuvent étendre la réduction aux bénéfices en capital provenant de
participations et au produit de la vente de droits de souscription y relatifs. Dans ce
cas, les bénéfices en capital n'entrent dans le calcul de la réduction que si le produit
de l'aliénation est supérieur au coût d'investissement et si la participation aliénée est
égale à 20 pour cent au moins du capital-actions ou du capital social de l'autre
société et qu'elle a été détenue pendant un an au moins par la société de capitaux ou
la société coopérative. Les corrections de valeur ainsi que les amortissements effectués sur le coût d'investissement des participations d'au moins 20 pour cent sont
ajoutés au bénéfice imposable dans la mesure où ils ne sont plus justifiés.31 2 Les sociétés de capitaux et les sociétés coopératives dont le but statutaire principal
consiste à gérer durablement des participations et qui n'ont pas d'activité commerciale en Suisse ne paient pas d'impôt sur le bénéfice net lorsque ces participations
ou leur rendement représentent au moins deux tiers du total des actifs ou des recettes. Le rendement des immeubles suisses de ces sociétés est imposable au barème
ordinaire, compte tenu des déductions correspondant à une charge hypothécaire
usuelle.

3 Les sociétés de capitaux, les sociétés coopératives et les fondations qui ont en
Suisse une activité administrative, mais pas d'activité commerciale, paient l'impôt
sur le bénéfice comme suit: 30

Nouvelle teneur selon le ch. I 2 de la LF du 10 oct. 1997 sur la réforme 1997 de
l'imposition des sociétés, en vigueur depuis le 1er janv. 1998 (RO 1998 669 677;
FF 1997 II 1058).

31

Introduit par le ch. I 2 de la LF du 10 oct. 1997 sur la réforme 1997 de l'imposition des
sociétés, en vigueur depuis le 1er janv. 1998 (RO 1998 669 677; FF 1997 II 1058).

Impôts

18

642.14

a.

Le rendement des participations au sens de l'al. 1, ainsi que les bénéfices en
capital et les bénéfices de réévaluation provenant de ces participations sont
exonérés de l'impôt;

b.

Les autres recettes de source suisse sont imposées de façon ordinaire; c.

Les autres recettes de source étrangère sont imposées de façon ordinaire en
fonction de l'importance de l'activité administrative exercée en Suisse; d.

Les charges justifiées par l'usage commercial, en relation économique avec
des rendements et des recettes déterminés, doivent être déduites de ceux-ci
en priorité. Les pertes subies sur des participations au sens de la lettre a ne
peuvent être compensées qu'avec les rendements mentionnés à la let. a.32 4 Les sociétés de capitaux et les sociétés coopératives dont l'activité commerciale est
essentiellement orientée vers l'étranger et qui n'exercent en Suisse qu'une activité
subsidiaire, paient l'impôt sur le bénéfice conformément à l'al. 3. Les autres recettes
de source étrangère, mentionnées à l'al. 3, let. c, sont imposées selon l'importance
de l'activité commerciale exercée en Suisse.33 5 Les recettes et rendements pour lesquels un dégrèvement des impôts à la source
étrangers est demandé ne bénéficient pas des réductions de l'impôt sur le bénéfice
prévues aux al. 2 à 4 lorsque la convention internationale prescrit que ces recettes et
rendements doivent être imposés selon le régime ordinaire en Suisse.34 6 Il ne peut être prévu d'autres dérogations au régime ordinaire du calcul de l'impôt
fixé à l'art. 27.

Chapitre 3

Impôt sur le capital

Art. 29

Objet de l'impôt; en général35 1 L'impôt sur le capital a pour objet le capital propre.

2 Le capital propre imposable comprend: a.

Pour les sociétés de capitaux et les sociétés coopératives, le capital-actions
ou le capital social libéré, les réserves ouvertes et les réserves latentes constituées au moyen de bénéfices imposés; b.

Pour les personnes morales définies à l'art. 28, al. 2 et 3, le capital-actions
ou le capital social libéré, les réserves ouvertes et la part des réserves 32

Nouvelle teneur selon le ch. I 2 de la LF du 10 oct. 1997 sur la réforme 1997 de
l'imposition des sociétés, en vigueur depuis le 1er janv. 1998 (RO 1998 669 677;
FF 1997 II 1058).

33

Nouvelle teneur selon le ch. I 2 de la LF du 10 oct. 1997 sur la réforme 1997 de
l'imposition des sociétés, en vigueur depuis le 1er janv. 1998 (RO 1998 669 677;
FF 1997 II 1058).

34

Nouvelle teneur selon le ch. I 2 de la LF du 10 oct. 1997 sur la réforme 1997 de
l'imposition des sociétés, en vigueur depuis le 1er janv. 1998 (RO 1998 669 677;
FF 1997 II 1058).

35

Nouvelle teneur selon le ch. II de la LF du 7 oct. 1994, en vigueur depuis le
1er janv. 1995 (RO 1995 1449 1450; FF 1994 II 353).

Harmonisation des impôts directs 19

642.14

latentes qui aurait été constituée au moyen de bénéfices imposés, si l'impôt
sur le bénéfice était prélevé; c.

Pour les associations, les fondations et les autres personnes morales, la fortune nette, déterminée conformément aux dispositions applicables aux personnes physiques.

3 ...36

a37 Objet de l'impôt; capital propre dissimulé Le capital propre imposable des sociétés de capitaux et des sociétés coopératives est
augmenté de la part de leurs fonds étrangers qui est économiquement assimilable au
capital propre.


Art. 30

Calcul de l'impôt

Les sociétés de capitaux et les sociétés coopératives sont imposées d'après le même
barème.

Chapitre 4

Imposition dans le temps

Art. 31

1 Les impôts sur le bénéfice net et sur le capital propre sont fixés et prélevés pour
chaque période fiscale.

2 La période fiscale correspond à l'exercice commercial. Chaque année civile,
excepté l'année de fondation, les contribuables doivent procéder à la clôture de leurs
comptes et établir un bilan et un compte de résultats. Lorsque l'exercice comprend
plus ou moins de douze mois, le taux de l'impôt sur le bénéfice est fixé sur la base
d'un bénéfice net calculé sur douze mois.

3 Le bénéfice net imposable est fixé sur la base du résultat de la période fiscale.

4 Le capital propre imposable est fixé sur la base de son état à la fin de la période
fiscale.

36

Abrogé par le ch. II de la LF du 7 oct. 1994 (RO 1995 1449; FF 1994 II 353).

37

Introduit par le ch. II de la LF du 7 oct. 1994, en vigueur depuis le 1er janv. 1995
(RO 1995 1449 1450; FF 1994 II 353).

Impôts

20

642.14

Titre 4
Imposition à la source des personnes physiques et morales
Chapitre 1
Personnes physiques domiciliées ou en séjour dans le canton
au regard du droit fiscal


Art. 32

Champ d'application

1 Les travailleurs étrangers qui, sans être au bénéfice d'un permis d'établissement,
sont, au regard du droit fiscal, domiciliés ou en séjour dans le canton, sont assujettis
à un impôt perçu à la source sur le revenu de leur activité lucrative dépendante.
L'impôt à la source se substitue aux impôts perçus selon la procédure ordinaire.
L'art. 34, al. 2, sur la taxation ordinaire est réservé.

2 Les époux qui vivent en ménage commun sont imposés selon la procédure ordinaire si
l'un d'eux a la nationalité suisse ou est au bénéfice d'un permis d'établissement.

3 L'impôt est calculé sur le revenu brut et frappe la totalité du produit de l'activité
lucrative dépendante, y compris les revenus accessoires et les prestations en nature,
ainsi que les revenus acquis en compensation.


Art. 33

Calcul des retenues d'impôt 1 Les retenues sont fixées d'après les taux de l'impôt sur le revenu des personnes
physiques et elles comprennent les impôts fédéral, cantonal et communal.

2 Lorsque des époux vivant en ménage commun exercent tous deux une activité
lucrative, les retenues d'impôt sont calculées sur la base de leur revenu global.

3 Les dépenses professionnelles, les primes d'assurances, les déductions pour charges de famille et les déductions accordées en cas d'activité lucrative des deux époux
sont prises en considération forfaitairement.


Art. 34

Imposition selon la procédure ordinaire 1 Les personnes assujetties à l'impôt à la source sont imposables selon la procédure
ordinaire sur la fortune et les revenus qui ne sont pas soumis à l'impôt à la source.

2 Si le revenu brut annuel soumis à l'impôt à la source du contribuable ou de son
conjoint vivant en ménage commun avec lui excède un montant à fixer par le droit
cantonal, une taxation ordinaire est faite ultérieurement et l'impôt perçu à la source
est déduit.

Harmonisation des impôts directs 21

642.14

Chapitre 2
Personnes qui ne sont ni domiciliées ni en séjour en Suisse
au regard du droit fiscal


Art. 35

Champ d'application

1 Sont soumis à l'impôt à la source lorsqu'ils ne sont ni domiciliés ni en séjour en
Suisse au regard du droit fiscal: a.

Les travailleurs exerçant une activité lucrative dépendante dans le canton,
sur le revenu de cette activité; b.

Les artistes, sportifs et conférenciers, sur le revenu de leur activité personnelle dans le canton, y compris les revenus et les indemnités qui ne sont pas
versés à l'artiste, sportif ou conférencier lui-même, mais au tiers qui a organisé ses activités; c.

Les membres de l'administration ou de la direction de personnes morales
ayant leur siège ou leur administration effective dans le canton, sur les tantièmes, jetons de présence, indemnités fixes et autres rémunérations qui leur
sont versés;

d.

Les membres de l'administration ou de la direction d'entreprises étrangères
ayant un établissement stable dans le canton, sur les tantièmes, jetons de présence, indemnités fixes et autres rémunérations qui leur sont versés par l'intermédiaire de l'établissement stable; e.

Les personnes qui sont titulaires ou usufruitières de créances garanties par
un gage immobilier ou un nantissement sur des immeubles sis dans le canton, sur les intérêts qui leur sont versés; f.38 les personnes qui reçoivent d'un employeur ou d'une institution de prévoyance sis dans le canton des pensions, des retraites ou d'autres prestations
découlant de rapports de travail de droit public, sur ces prestations; g.

Les bénéficiaires domiciliés à l'étranger de revenus provenant d'institutions
suisses de prévoyance professionnelle de droit privé ou fournis selon des
formes reconnues de prévoyance individuelle liée; h.

Les personnes qui, en raison de leur activité dans le trafic international à
bord d'un bateau, d'un aéronef ou d'un véhicule de transports routiers,
reçoivent un salaire ou d'autres rémunérations d'un employeur ayant son
siège ou un établissement stable dans le canton, sur ces prestations.

2 L'impôt à la source se substitue aux impôts fédéral, cantonal et communal perçus
selon la procédure ordinaire.


Art. 36

Calcul des retenues d'impôt 1 Dans les cas prévus à l'art. 35, al. 1, let. a et h, l'impôt à la source est perçu selon
les dispositions des art. 32 et 33.

38

Nouvelle teneur selon le ch. I 6 de la LF du 19 mars 1999 sur le programme de
stabilisation 1998, en vigueur depuis le 1er janv. 2001 (RO 1999 2374 2385; FF 1999 3).

Impôts

22

642.14

2 Dans les cas prévus à l'art. 35, al. 1, let. b, l'impôt à la source est perçu sur les
recettes brutes, après déduction des frais d'acquisition.

3 Dans les cas prévus à l'art. 35, al. 1, let. c à g, l'impôt à la source est perçu sur les
recettes brutes.

Chapitre 3

Obligations du débiteur des prestations imposables

Art. 37

1 Le débiteur des prestations imposables (art. 32 et 35) est responsable du paiement
de l'impôt à la source. Il est tenu: a.

De retenir l'impôt dû à l'échéance des prestations ou de le prélever auprès
du contribuable;

b.

De remettre au contribuable une attestation indiquant le montant de la retenue; c.

De verser l'impôt à l'autorité compétente.

2 Il doit également retenir l'impôt lorsque le contribuable est assujetti à l'impôt dans
un autre canton.

3 Il reçoit une commission de perception.

Chapitre 4

Relations intercantonales

Art. 38

1 Les cantons se prêtent gratuitement l'assistance administrative et juridique pour le
prélèvement de l'impôt à la source. L'impôt à la source perçu conformément à
l'art. 37, al. 2, est versé au canton auquel appartient le droit d'imposer.

2 L'obligation du débiteur de retenir l'impôt à la source est régie par le droit du canton dans lequel il a son siège ou son établissement stable.

3 Le contribuable est imposé conformément au droit du canton auquel appartient le
droit d'imposer. Les impôts retenus et versés par le débiteur hors du canton sont
déduits des impôts dus; les impôts perçus en trop sont restitués; si les impôts perçus
sont insuffisants, la différence est exigée.

4 En cas de transfert à l'intérieur de la Suisse du domicile ou de la résidence des personnes physiques imposables en vertu des art. 32, 33 et 34, al. 2, chaque canton
exerce son droit d'imposition proportionnellement à la durée de l'assujettissement.39 39

Introduit par le ch. I 2 de la LF du 15 déc. 2000 sur la coordination et la simplification
des procédures de taxation des impôts directs dans les rapports intercantonaux
(RO 2001 1050; FF 2000 3587).

Harmonisation des impôts directs 23

642.14

Titre 5

Procédure

Chapitre 1

Principes généraux et procédure de taxation

Art. 39

Obligations des autorités 1 Les personnes chargées de l'exécution de la législation fiscale sont tenues de garder le secret. L'obligation de renseigner est réservée, dans la mesure où elle est prévue par une disposition légale fédérale ou cantonale.

2 Les autorités fiscales se communiquent gratuitement toutes informations utiles et s'autorisent réciproquement à consulter leurs dossiers. Lorsqu'il ressort de la déclaration d'impôt
d'un contribuable ayant son domicile ou son siège dans le canton qu'il est aussi assujetti à
l'impôt dans un autre canton, l'autorité de taxation porte le contenu de sa déclaration et sa
taxation à la connaissance des autorités fiscales de l'autre canton.

3 Les autorités de la Confédération, des cantons, des districts, des cercles et des
communes communiquent, sur demande, tous renseignements nécessaires à l'application de la législation fiscale aux autorités chargées de son exécution. Elles peuvent
spontanément signaler à celles-ci les cas qui pourraient avoir fait l'objet d'une
imposition incomplète.

a40 Traitement des données 1 L'Administration fédérale des contributions et les autorités citées à l'art. 39, al. 2,
échangent les données qui peuvent être utiles à l'accomplissement de leurs tâches.
Les autorités citées à l'art. 39, al. 3, communiquent aux autorités fiscales les données qui peuvent être importantes pour l'exécution de la présente loi.

2 Les données sont communiquées dans des cas d'espèce ou sous forme de listes ou
encore sur des supports de données électroniques. Elles peuvent également être rendues accessibles au moyen d'une procédure d'appel. Cette assistance administrative
est gratuite.

3 Est obligatoire la communication de toutes les données qui peuvent servir à la
taxation et à la perception des impôts, notamment: a.

l'identité;

b.

l'état civil, le lieu de domicile ou de séjour, l'autorisation de séjour et
l'activité lucrative;

c.

les opérations juridiques; d.

les prestations des collectivités publiques.

40

Introduit par le ch. VI 4 de la LF du 24 mars 2000 sur la création et l'adaptation de bases
légales concernant le traitement de données personnelles, en vigueur depuis le
1er sept. 2000 (RO 2000 1891 1914; FF 1999 8381).

Impôts

24

642.14


Art. 40

Situation des époux dans la procédure 1 Les époux qui vivent en ménage commun exercent les droits et s'acquittent des
obligations qu'ils ont en vertu de la présente loi de manière conjointe.

2 La déclaration d'impôt doit porter les deux signatures. Lorsqu'elle n'est signée que par
l'un des conjoints, un délai est accordé à l'époux qui n'a pas signé. Si le délai expire sans
avoir été utilisé, la représentation contractuelle entre époux est supposée établie.

3 Pour que les recours et autres écrits soient réputés introduits en temps utile, il suffit
que l'un des époux ait agi dans les délais.


Art. 41

Droits du contribuable 1 Le contribuable peut consulter les pièces du dossier qu'il a produites ou signées. Il
peut prendre connaissance des autres pièces une fois les faits établis et à condition
que des intérêts publics ou privés ne s'y opposent pas.

2 Les offres de preuves du contribuable doivent être acceptées, à condition qu'elles
soient propres à établir des faits importants.

3 Les décisions de taxation sont notifiées au contribuable par écrit et doivent indiquer les voies de droit. Les autres décisions et prononcés doivent, en outre, être
motivés.


Art. 42

Obligations du contribuable 1 Le contribuable doit faire tout ce qui est nécessaire pour assurer une taxation complète et exacte.

2 Sur demande de l'autorité de taxation, il doit notamment fournir des renseignements oraux ou écrits, présenter ses livres comptables, les pièces justificatives et
autres attestations ainsi que les pièces concernant ses relations d'affaires.

3 Les personnes physiques qui ont un revenu provenant d'une activité lucrative indépendante et les personnes morales doivent joindre à leur déclaration, à chaque
période fiscale, leurs comptes annuels signés (bilans, comptes de résultats) ou, en
l'absence d'une comptabilité tenue selon l'usage commercial, l'état de leurs actifs et
passifs, de leurs recettes et dépenses ainsi que de leurs prélèvements et apports privés. Le mode de tenue, de conservation et de production de ces documents est régi
par les dispositions du code des obligations41 (art. 957 et 963, al. 2).42

Art. 43

Attestations de tiers 1 Les tiers qui ont ou ont eu des relations contractuelles avec le contribuable doivent
lui remettre les attestations portant sur l'ensemble de leurs relations contractuelles et
sur leurs prétentions et prestations réciproques.

41

RS 220

42

Phrase introduite par le ch. II 2 de la LF du 22 déc. 1999, en vigueur depuis le
1er juin 2002 (RO 2002 949 952 ; FF 1999 4753).

Harmonisation des impôts directs 25

642.14

2 Lorsque, malgré sommation, le contribuable ne produit pas les attestations requises, l'autorité fiscale peut l'exiger directement du tiers. Le secret professionnel protégé légalement est réservé.


Art. 44

Renseignements de tiers Les associés, les copropriétaires et les propriétaires communs doivent donner à la
demande des autorités fiscales des renseignements sur leurs rapports de droit avec le
contribuable.


Art. 45

Informations de tiers Pour chaque période fiscale, une attestation doit être remise aux autorités fiscales
par:

a.

Les personnes morales, sur les prestations versées aux membres de l'administration et d'autres organes; les fondations, en outre, sur les prestations
fournies à leurs bénéficiaires; b.

Les institutions de la prévoyance professionnelle et de la prévoyance individuelle liée, sur les prestations fournies à leurs preneurs de prévoyance ou
bénéficiaires;

c.

Les sociétés simples et les sociétés de personnes, sur tous les éléments qui
revêtent de l'importance pour la taxation de leurs associés, notamment sur
les parts de ces derniers au revenu et à la fortune de la société; d.

Les fonds de placement, sur les éléments déterminants pour l'imposition des
immeubles détenus en propriété directe et leur rendement.


Art. 46

Taxation

1 L'autorité de taxation contrôle la déclaration d'impôt et procède aux investigations
nécessaires.

2 Elle communique au contribuable les modifications apportées à sa déclaration au
plus tard lors de la notification de la décision de taxation.

3 Elle effectue la taxation d'office sur la base d'une appréciation consciencieuse si,
malgré sommation, le contribuable n'a pas satisfait à ses obligations de procédure ou
si les éléments imposables ne peuvent être déterminés avec toute la précision voulue
faute de données suffisantes.


Art. 47

Prescription

1 Le droit de taxer se prescrit par cinq ans à compter de la fin de la période fiscale;
en cas de suspension ou d'interruption de la prescription, celle-ci est acquise dans
tous les cas quinze ans après la fin de la période fiscale.

2 Les créances d'impôt se prescrivent par cinq ans à compter de l'entrée en force de
la taxation; en cas de suspension ou d'interruption de la prescription, celle-ci est
acquise dans tous les cas dix ans après la fin de l'année au cours de laquelle la taxation est entrée en force.

Impôts

26

642.14


Art. 48

Réclamation

1 Le contribuable peut adresser à l'autorité de taxation une réclamation écrite contre
la décision de taxation dans les 30 jours qui suivent sa notification.

2 Le contribuable qui a été taxé d'office peut déposer une réclamation contre cette
taxation uniquement pour le motif qu'elle est manifestement inexacte. La réclamation doit être motivée et indiquer, le cas échéant, les moyens de preuve.

3 L'autorité de taxation a les mêmes compétences dans la procédure de réclamation
que dans la procédure de taxation.

4 L'autorité de taxation prend, après enquête, une décision sur la réclamation. Elle
peut réévaluer tous les éléments de l'impôt et, après avoir entendu le contribuable,
modifier la taxation même au désavantage de ce dernier.


Art. 49

Perception de l'impôt à la source 1 Le contribuable et le débiteur des prestations imposables doivent donner, sur
demande, tous renseignements sur les éléments déterminants pour la perception de
l'impôt à la source.

2 Si la retenue d'impôt est contestée, l'autorité de taxation rend une décision sur
l'existence et l'étendue de l'assujettissement, contre laquelle l'intéressé peut former
une réclamation.

3 Lorsque le débiteur des prestations imposables a opéré une retenue insuffisante ou
n'en a effectué aucune, l'autorité de taxation l'oblige à s'acquitter de l'impôt qui n'a
pas été retenu. Le droit du débiteur de se retourner contre le contribuable est réservé.

4 Si le débiteur a opéré une retenue d'impôt trop élevée, il doit restituer la différence
au contribuable.

Chapitre 2

Procédure de recours

Art. 50

1 Le contribuable peut interjeter un recours écrit et motivé contre la décision sur
réclamation devant une commission de recours indépendante des autorités fiscales,
dans les 30 jours à compter de la notification de la décision attaquée.

2 Toute erreur dans la décision attaquée et tout vice de procédure constituent des
motifs de recours.

3 Le contribuable et l'administration fiscale cantonale peuvent porter la décision sur
recours devant une instance cantonale supérieure indépendante de l'administration, à
condition que le droit cantonal le prévoie.

Harmonisation des impôts directs 27

642.14

Chapitre 3
Modification des décisions et des prononcés entrés en force


Art. 51

Révision

1 Une décision ou un prononcé entré en force peut être révisé en faveur du contribuable, à sa demande ou d'office: a.

Lorsque des faits importants ou des preuves concluantes sont découverts; b.

Lorsque l'autorité qui a statué n'a pas tenu compte de faits importants ou de
preuves concluantes qu'elle connaissait ou devait connaître, ou qu'elle a
violé de quelque autre manière une règle essentielle de procédure; c.

Lorsqu'un crime ou un délit a influé sur la décision ou le prononcé.

2 La révision est exclue lorsque le requérant invoque des motifs qu'il aurait déjà pu
faire valoir au cours de la procédure ordinaire s'il avait fait preuve de toute la diligence qui pouvait raisonnablement être exigée de lui.

3 La demande de révision doit être déposée dans les 90 jours qui suivent la découverte du motif de révision, mais au plus tard dans les dix ans qui suivent la notification de la décision ou du prononcé.

4 La révision d'une décision ou d'un prononcé est de la compétence de l'autorité qui
a rendu cette décision ou ce prononcé.


Art. 52

Erreurs de calcul et de transcription Les erreurs de calcul et de transcription figurant dans une décision ou un prononcé
entré en force peuvent, sur demande ou d'office, être corrigées dans les cinq ans qui
suivent la notification par l'autorité qui les a commises.


Art. 53

Rappel d'impôt

1 Lorsque des moyens de preuve ou des faits jusque là inconnus de l'autorité fiscale
permettent d'établir qu'une taxation n'a pas été effectuée alors qu'elle aurait dû
l'être, qu'une taxation entrée en force est incomplète ou qu'une taxation non effectuée ou incomplète est due à un crime ou à un délit commis contre l'autorité fiscale,
cette dernière procède au rappel de l'impôt qui n'a pas été perçu, y compris les intérêts. Un rappel d'impôt est exclu lorsqu'il n'y a que sous-évaluation des éléments
imposables.

2 Le droit d'introduire une procédure de rappel d'impôt s'éteint dix ans après la fin
de la période fiscale pour laquelle la taxation n'a pas été effectuée alors qu'elle
aurait dû l'être ou pour laquelle la taxation entrée en force était incomplète.

3 Le droit de procéder au rappel de l'impôt s'éteint quinze ans après la fin de la
période fiscale à laquelle il se rapporte.

Impôts

28

642.14

Chapitre 4

Inventaire


Art. 54

1 Un inventaire officiel est établi en cas de décès du contribuable. Aucun inventaire
n'est établi lorsque les circonstances permettent de présumer que le défunt n'a pas
laissé de fortune.

2 L'inventaire comprend la fortune du défunt, celle de son conjoint vivant en
ménage commun avec lui et celle des enfants mineurs sous son autorité parentale,
estimées au jour du décès.

3 Les faits revêtant de l'importance pour la taxation sont établis et mentionnés dans
l'inventaire.

Titre 6

Dispositions pénales Chapitre 1
Violation des obligations de procédure et soustraction d'impôt


Art. 55

Violation des obligations de procédure Celui qui, malgré sommation, aura manqué intentionnellement ou par négligence à
une obligation qui lui incombait en vertu de la présente loi ou d'une mesure prise en
application de celle-ci, sera puni d'une amende de 1000 francs au plus; dans les cas
graves ou en cas de récidive, l'amende sera de 10 000 francs au plus.


Art. 56

Soustraction d'impôt

1 Le contribuable qui, intentionnellement ou par négligence, aura fait en sorte
qu'une taxation ne soit pas effectuée alors qu'elle aurait dû l'être ou qu'une taxation
entrée en force soit incomplète, celui qui, tenu de percevoir un impôt à la source ne l'aura pas retenu ou n'aura pas
retenu un montant suffisant, intentionnellement ou par négligence, celui qui, intentionnellement ou par négligence, aura obtenu une restitution illégale
ou une remise injustifiée d'impôt, sera puni d'une amende proportionnée à sa faute, allant du tiers au triple de l'impôt
soustrait; en règle générale, l'amende sera égale au montant simple de l'impôt soustrait; en cas de dénonciation spontanée de la soustraction, l'amende pourra être
réduite jusqu'au cinquième de l'impôt soustrait.

2 Celui qui aura tenté de se soustraire à l'impôt sera puni d'une amende correspondant aux deux tiers de celle qui lui aurait été infligée en cas d'infraction consommée.

3 Celui qui aura incité à une soustraction d'impôt, y aura prêté son assistance, l'aura
commise intentionnellement en qualité de représentant du contribuable ou y aura
participé sera puni d'une amende fixée indépendamment de la peine encourue par le
contribuable. L'amende se montera à 10 000 francs au plus; dans les cas graves et en

Harmonisation des impôts directs 29

642.14

cas de récidive, elle sera de 50 000 francs au plus. En outre, l'autorité fiscale pourra
exiger de lui le paiement solidaire de l'impôt soustrait.

4 Celui qui, en sa qualité d'héritier, de représentant des héritiers, d'exécuteur testamentaire ou de tiers aura dissimulé ou distrait des biens successoraux dont il était
tenu d'annoncer l'existence dans la procédure d'inventaire, dans le dessein de les
soustraire à l'inventaire, celui qui aura incité à un tel acte, y aura prêté son assistance ou l'aura favorisé, sera puni d'une amende de 10 000 francs au plus, fixée indépendamment de la peine
encourue par le contribuable; dans les cas graves ou en cas de récidive, l'amende
sera de 50 000 francs au plus. La tentative de dissimuler ou de distraire des biens
successoraux est également punissable. Une peine plus légère que celle encourue en
cas d'infraction consommée peut être prononcée.


Art. 57

Cas particuliers

1 La personne morale au profit de laquelle des obligations de procédure auront été
violées ou au profit de laquelle une soustraction ou une tentative de soustraction
d'impôt aura été commise sera punie de l'amende. La poursuite pénale des organes
ou des représentants de la personne morale en vertu de l'art. 56, al. 3, est réservée.

2 L'art. 56, al. 3, est applicable par analogie à la personne morale qui aura incité,
prêté son assistance ou participé, dans l'exercice de son activité, à la soustraction
commise par un tiers.

3 Les héritiers d'un contribuable qui a commis une soustraction d'impôt au sens de
l'art. 56, al. 1, répondront, solidairement et indépendamment de toute faute de leur
part, des amendes fixées par une décision entrée en force jusqu'à concurrence de
leur part d'héritage, y compris les avancements d'hoirie. Si, au décès du contribuable, la procédure en soustraction n'a pas été close par une décision entrée en
force ou qu'elle n'a été introduite qu'après son décès, aucune amende ne sera perçue, pour autant que les héritiers n'aient été en rien responsables de l'imposition
inexacte et qu'ils aient assisté les autorités fiscales dans toute la mesure du possible
pour établir les éléments soustraits.

4 Le contribuable marié qui vit en ménage commun avec son conjoint ne répondra
que de la soustraction des éléments imposables qui lui sont propres. Chacun des
époux pourra apporter la preuve que la soustraction des éléments imposables qui lui
sont propres a été commise à son insu par son conjoint ou qu'il n'était pas en mesure
de l'empêcher. S'il y parvient, l'autre époux sera puni comme s'il avait soustrait des
éléments imposables lui appartenant.


Art. 58

Prescription de la poursuite pénale 1 La poursuite de la violation d'obligations de procédure se prescrit par deux ans et
celle de la tentative de soustraction par quatre ans, à compter de la clôture définitive
de la procédure au cours de laquelle la violation d'obligations de procédure ou la
tentative de soustraction a été commise.

Impôts

30

642.14

2 La poursuite de la soustraction d'impôt consommée se prescrit par dix ans à compter de la fin de la période fiscale pour laquelle le contribuable n'a pas été taxé ou l'a
été de manière incomplète ou pour laquelle la retenue de l'impôt à la source n'a pas
été faite conformément à la loi (art. 56, al. 1); elle se prescrit par dix ans à compter
de la fin de l'année civile au cours de laquelle une restitution illégale ou une remise
injustifiée d'impôt a été obtenue (art. 56, al. 1) ou des biens successoraux dissimulés
ou distraits dans la procédure d'inventaire (art. 56, al. 4).

3 La prescription est interrompue par tout acte de procédure tendant à la poursuite de
l'infraction introduit à l'encontre du contribuable ou de l'une des personnes visées à
l'article 56, al. 3. L'interruption est opposable tant au contribuable qu'à ces autres
personnes. Un nouveau délai commence à courir à chaque interruption; la prescription ne peut toutefois être prolongée de plus de la moitié de sa durée initiale.

Chapitre 2

Délits


Art. 59

Fraude fiscale

1 Celui qui, dans le but de commettre une soustraction d'impôt, aura fait usage de
titres faux, falsifiés ou inexacts quant à leur contenu, celui qui, tenu de percevoir l'impôt à la source, aura détourné à son profit ou à celui
d'un tiers les montants perçus, sera puni de l'emprisonnement ou d'une amende de 30 000 francs au plus.

2 La répression de la soustraction d'impôt est réservée.

3 Les dispositions générales du code pénal43 sont applicables, sous réserve des prescriptions légales contraires.


Art. 60

Prescription de la poursuite pénale 1 La poursuite pénale des délits fiscaux se prescrit par dix ans à compter du jour où
le délinquant a exercé sa dernière activité coupable.

2 La prescription est interrompue par tout acte de procédure tendant à poursuivre
l'auteur du délit, l'instigateur ou le complice. L'interruption est opposable à chacune
de ces personnes. Un nouveau délai commence à courir à chaque interruption; la
prescription ne peut toutefois être prolongée de plus de cinq ans.


Art. 61

Procédure et exécution Sauf disposition contraire du droit fédéral, la procédure pénale et l'exécution de la
peine sont régies par la législation cantonale. Les décisions de la dernière instance
cantonale peuvent faire l'objet d'un pourvoi en nullité devant le Tribunal fédéral.

43

RS 311.0

Harmonisation des impôts directs 31

642.14

Titre 7

Taxation annuelle pour les personnes physiques

Art. 62

Champ d'application

Les dispositions prévues dans ce chapitre sont valables pour les cantons qui prélèvent l'impôt dû par les personnes physiques selon l'art. 16.


Art. 63

Période fiscale

1 Les impôts sur le revenu et la fortune sont fixés et prélevés pour chaque période
fiscale.

2 La période fiscale correspond à l'année civile.

3 Si les conditions d'assujettissement ne sont réalisées que durant une partie de la
période fiscale, l'impôt est prélevé sur les revenus obtenus durant cette période.
Pour les revenus à caractère périodique, le taux de l'impôt se détermine compte tenu
d'un revenu calculé sur douze mois. Les revenus à caractère non périodique sont
soumis à un impôt annuel entier, mais ne sont en revanche pas convertis en un
revenu annuel pour le calcul du taux. Les art. 11, al. 3, et 68, al. 1 et 2, sont
réservés.44


Art. 64

Détermination du revenu 1 Le revenu imposable se détermine d'après les revenus acquis pendant la période
fiscale.

2 Le produit de l'activité lucrative indépendante se détermine d'après le résultat de
l'exercice commercial clos pendant la période fiscale.

3 Les contribuables qui exercent une activité lucrative indépendante doivent procéder à la clôture de leurs comptes chaque période fiscale.


Art. 65

Gains immobiliers

L'impôt sur les gains immobiliers est fixé pour la période fiscale au cours de
laquelle le gain a été réalisé.


Art. 66

Détermination de la fortune 1 La fortune imposable se détermine d'après son état à la fin de la période fiscale ou
de l'assujettissement.

2 Pour les contribuables qui exercent une activité lucrative indépendante et dont les
exercices commerciaux ne coïncident pas avec l'année civile, la fortune commerciale
imposable se détermine d'après le capital propre existant à la fin de l'exercice commercial clos pendant la période fiscale.

44

Nouvelle teneur de la phrase selon le ch. I 2 de la LF du 15 déc. 2000 sur la coordination
et la simplification des procédures de taxation des impôts directs dans les rapports
intercantonaux (RO 2001 1050; FF 2000 3587).

Impôts

32

642.14

3 La fortune dévolue par succession à un contribuable au cours de la période fiscale
n'est imposable qu'à partir de la date de la dévolution. L'al. 4 s'applique par analogie.

4 Si les conditions d'assujettissement ne sont réalisées que durant une partie de la
période fiscale, seul le montant d'impôt correspondant à cette durée est prélevé.
L'art. 68, al. 2, est réservé.45

Art. 67


46

Déduction des pertes

1 Lorsqu'elles n'ont pas pu être prises en considération lors du calcul du revenu imposable de ces années, les pertes des sept exercices précédant la période fiscale
(art. 63) sont déduites.

2 L'al. 1 est aussi applicable en cas de changement de domicile au regard du droit
fiscal ou de transfert du lieu d'exploitation d'une entreprise à l'intérieur de la Suisse.


Art. 68


47

Modification de l'assujettissement 1 En cas de transfert, à l'intérieur de la Suisse, du domicile au regard du droit fiscal,
les conditions de l'assujettissement à raison du rattachement personnel sont réalisées
pour la période fiscale en cours dans le canton du domicile à la fin de cette période.
Toutefois, les prestations en capital au sens de l'art. 11, al. 3, sont imposables dans
le canton du domicile du contribuable au moment de leur échéance. L'art. 38, al. 4,
est par ailleurs réservé.

2 L'assujettissement à raison du rattachement économique dans un autre canton que
celui du domicile s'étend à la période fiscale entière, même s'il est créé, modifié ou
supprimé pendant l'année. Dans ce cas, la valeur des éléments de fortune est réduite
proportionnellement à la durée du rattachement. Au surplus, le revenu et la fortune
sont répartis entre les cantons concernés conformément aux règles du droit fédéral
relatives à l'interdiction de la double imposition intercantonale, applicables par
analogie.


Art. 69


48

Modification apportée à l'imposition dans le temps
pour les personnes physiques 1 Pour la première période fiscale (n) suivant la modification mentionnée à l'art. 16,
la taxation relative à l'impôt sur le revenu des personnes physiques est régie par le
nouveau droit.

45

Phrase introduite par le ch. I 2 de la LF du 15 déc. 2000 sur la coordination et la
simplification des procédures de taxation des impôts directs dans les rapports
intercantonaux (RO 2001 1050; FF 2000 3587).

46

Nouvelle teneur selon le ch. I 2 de la LF du 15 déc. 2000 sur la coordination et la
simplification des procédures de taxation des impôts directs dans les rapports
intercantonaux (RO 2001 1050; FF 2000 3587).

47

Nouvelle teneur selon le ch. I 2 de la LF du 15 déc. 2000 sur la coordination et la
simplification des procédures de taxation des impôts directs dans les rapports
intercantonaux (RO 2001 1050; FF 2000 3587).

48

Nouvelle teneur selon le ch. I de la LF du 9 oct. 1998, en vigueur depuis le 1er janv. 1999
(RO 1999 1310; FF 1998 4325 4348).

Harmonisation des impôts directs 33

642.14

2 Les revenus extraordinaires réalisés durant la période fiscale précédant la modification ou lors d'un exercice clos au cours de cette période sont soumis à un impôt
annuel entier pour l'année fiscale où ils ont été acquis; l'art. 11, al. 2 et 3, est réservé. Les charges qui sont en rapport immédiat avec l'acquisition des revenus
extraordinaires peuvent être déduites.

3 Sont en particulier considérés comme des revenus extraordinaires les prestations en
capital, les revenus non périodiques de fortune, les gains de loterie et les revenus
extraordinaires provenant d'une activité lucrative indépendante.

4 Les charges extraordinaires supportées pendant la période fiscale précédant la
modification sont en outre déductibles. Le canton décide si elles sont déduites: a.

du revenu imposable afférent à la période fiscale précédant la modification,
en cas d'assujettissement dans le canton au 1er janvier de l'an n; les taxations
déjà entrées en force seront révisées en faveur du contribuable; b.

ou, en cas de modification de la période fiscale bisannuelle, du revenu imposable afférent aux périodes n et n+1, aussi longtemps que dure l'assujettissement dans le canton; c.

ou, en cas de modification de la période fiscale annuelle, du revenu imposable afférent à la période fiscale n, aussi longtemps que dure l'assujettissement dans le canton.

5 Sont considérés comme des charges extraordinaires: a.

Les frais d'entretien d'immeubles, dans la mesure où ils excèdent chaque
année le montant de la déduction forfaitaire; b.

Les cotisations de l'assuré versées à des institutions de prévoyance professionnelle pour le rachat d'années de cotisation; c.

Les frais de maladie, d'accident, d'invalidité, de perfectionnement et de
reconversion professionnels, dans la mesure où ils dépassent les frais déjà
pris en compte.

6 Les autorités fiscales cantonales déterminent le capital propre engagé dans l'entreprise des indépendants et la fortune des personnes sans activité lucrative avant la
modification mentionnée à l'art. 16 et les communiquent aux caisses de compensation.

7 En cas de modification de l'imposition dans le temps en vertu de l'art. 16, les al. 1
à 6, sont applicables à compter du 1er janvier 1999. Sont réservées les procédures
cantonales de modification de l'imposition dans le temps autres que celle prévue à
l'al. 1 et qui sont en vigueur au 1er janvier 1999.


Art. 70

Rapport et proposition en vue de l'uniformisation du calcul
de l'impôt dans le temps A l'expiration du délai prévu à l'art. 72, al. 1, le Conseil fédéral fait rapport à
l'Assemblée fédérale et propose l'uniformisation du calcul de l'impôt dans le temps.

Impôts

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642.14

Titre 8

Dispositions finales Chapitre 1

Exécution par les cantons

Art. 71

Collaboration des cantons 1 Les cantons appliquent la présente loi en collaboration avec les autorités fédérales.

2 Les cantons communiquent aux autorités fédérales compétentes tous les renseignements utiles à l'exécution de la présente loi et leur procurent les documents
nécessaires.

3 Les déclarations d'impôt et leurs annexes sont établies sur des formules uniformes
dans toute la Suisse.


Art. 72

Adaptation des législations cantonales 1 Sous réserve de l'art. 16, les cantons adaptent leur législation aux dispositions des
titres deuxième à sixième dans les huit ans qui suivent l'entrée en vigueur de la présente loi.

2 A l'expiration de ce délai, le droit fédéral est directement applicable si les dispositions du droit fiscal cantonal s'en écartent.

3 Le gouvernement cantonal édicte les dispositions provisoires nécessaires.

a49 Adaptation des législations cantonales à la modification
du 10 octobre 1997

1 Dans les cinq ans qui suivent l'entrée en vigueur de la modification du 10 octobre
1997, les cantons adaptent leur législation aux art. 7, al. 1bis, 24, al. 3bis, et 28, al. 1
et 3 à 5.

2 A l'expiration de ce délai, l'art. 72, al. 2, est applicable.

b50 Adaptation de la législation cantonale aux modifications 1 Les cantons adaptent leur législation aux modifications des art. 7, al. 1ter, 2 et 4,
let. d, 8, al. 2, 9, al. 2, let. a et b, 10, al. 1, let. e, 35, al. 1, let. f, pour l'entrée en
vigueur de ces modifications.

2 Dès l'entrée en vigueur de ces modifications, l'art. 72, al. 2, est applicable.

49

Introduit par le ch. I 2 de la LF du 10 oct. 1997 sur la réforme 1997 de l'imposition des
sociétés, en vigueur depuis le 1er janv. 1998 (RO 1998 669 677; FF 1997 II 1058).

50

Introduit par le ch. I 6 de la LF du 19 mars 1999 sur le programme de stabilisation 1998,
en vigueur depuis le 1er janv. 2001 (RO 1999 2374 2385; FF 1999 3).

Harmonisation des impôts directs 35

642.14

c51 Déduction pour frais de garde des enfants Jusqu'à l'entrée en vigueur de la réforme de l'imposition du couple et de la famille,
les cantons peuvent prévoir une déduction du revenu imposable pour les frais de
garde des enfants de parents exerçant une activité lucrative.

d52 Déduction pour l'épargne-logement Durant les quatre années qui suivent l'échéance du délai prévu à l'art. 72, al. 1, les
cantons peuvent maintenir les dispositions applicables lors de l'année fiscale 2000
autorisant la déduction du revenu imposable de montants destinés au financement de
la première acquisition d'un logement et exemptant le capital épargné à cette fin et
son rendement de l'impôt sur le revenu et la fortune.


Art. 73

Recours

1 Les décisions cantonales de dernière instance peuvent faire l'objet d'un recours de
droit administratif devant le Tribunal fédéral, lorsqu'elles portent sur une matière
réglée dans les titres 2 à 5 et 6, chapitre 1.

2 Le contribuable, l'administration fiscale cantonale et l'Administration fédérale des
contributions ont le droit de recourir.

3 En cas d'acceptation du recours, le Tribunal fédéral annule la décision attaquée et
renvoie l'affaire pour nouvelle décision à l'autorité inférieure.

Chapitre 2

Exécution et modification du droit en vigueur

Art. 74

Application de la loi Le Conseil fédéral édicte les dispositions nécessaires à l'application de la présente
loi. Il règle notamment les problèmes qui se posent dans les rapports intercantonaux,
en particulier dans les relations entre les cantons appliquant une réglementation différente en ce qui concerne le calcul dans le temps.53 51

Introduit par le ch. I 2 de la LF du 15 déc. 2000 sur la coordination et la simplification
des procédures de taxation des impôts directs dans les rapports intercantonaux
(RO 2001 1050; FF 2000 3587).

52

Introduit par le ch. I 2 de la LF du 15 déc. 2000 sur la coordination et la simplification
des procédures de taxation des impôts directs dans les rapports intercantonaux
(RO 2001 1050; FF 2000 3587).

53

Phrase introduite par le ch. I 2 de la LF du 15 déc. 2000 sur la coordination et la
simplification des procédures de taxation des impôts directs dans les rapports
intercantonaux (RO 2001 1050; FF 2000 3587).

Impôts

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642.14


Art. 75

Chapitre 3

Dispositions transitoires

Art. 76

Prestations de l'assurance militaire L'art. 47, al. 2, de la loi fédérale du 20 septembre 194955 sur l'assurance militaire ne
s'applique pas aux rentes et aux prestations en capital qui ont commencé à courir ou
sont devenues exigibles après l'entrée en vigueur de la présente loi.


Art. 77

Impôt sur le bénéfice 1 Pour la première période fiscale suivant la modification apportée à l'imposition
dans le temps, l'impôt sur le bénéfice net des personnes morales fait l'objet de deux
taxations provisoires conformes l'une aux anciennes dispositions, l'autre aux nouvelles. L'impôt calculé selon le nouveau droit est dû s'il est plus élevé que celui calculé selon l'ancien droit; si tel n'est pas le cas, c'est l'impôt calculé selon l'ancien
droit qui doit être acquitté. L'imposition des revenus extraordinaires selon l'ancien
droit est réservée.

2 Si dans les cas visés par l'al. 1, l'exercice commercial s'étend à la fois sur les
années civiles n-1 et n, l'impôt correspondant à l'exercice écoulé en n-1 est
calculé selon l'ancien droit et déduit de l'impôt calculé selon le nouveau droit,
correspondant à la même période; la différence éventuelle n'est pas restituée.


Art. 78

Séquestre

Les cantons peuvent disposer que les décisions de sûretés des autorités fiscales cantonales compétentes sont assimilées à des ordonnances de séquestre au sens de
l'art. 274 de la loi fédérale du 11 avril 1889 sur la poursuite pour dettes et la
faillite56. Le séquestre est opéré par l'office des poursuite compétent. L'action en
contestation du cas de séquestre prévue à l'art. 279 de la loi fédérale sur la poursuite
pour dettes et la faillite est irrecevable.

54

RS 831.10. La modification mentionnée ci-dessous est insérée dans ladite loi.

55

[RO 1949 1775, 1956 815, 1959 316, 1964 245 ch. I, II, 1968 588, 1972 909 art. 15
ch. 1, 1982 1676 annexe ch. 5 2184 art. 116, 1990 1882 appendice ch. 9, 1991 362
ch. II 414. RO 1993 3043 annexe ch. 1] 56

RS 281.1

Harmonisation des impôts directs 37

642.14

a57 Assurances de capitaux acquittée au moyen d'une prime unique L'art. 7, al. 1ter, s'applique aux assurances de capitaux acquittées au moyen d'une
prime unique et conclues après le 31 décembre 1998.

b58 Modification apportée à l'imposition dans le temps
des personnes physiques L'art. 69, al. 2, 3, 4, let. a, et al. 5 à 7, est applicable dans le canton de domicile
antérieur aux personnes physiques qui transfèrent leur domicile au regard du droit
fiscal à l'intérieur de la Suisse au cours de la première période fiscale (n) suivant la
modification mentionnée à l'art. 16.

Chapitre 4

Référendum et entrée en vigueur

Art. 79

1 La présente loi est sujette au référendum facultatif.

2 Le Conseil fédéral fixe la date de l'entrée en vigueur.

Date de l'entrée en vigueur: 1er janvier 199359 57

Introduit par le ch. I 6 de la LF du 19 mars 1999 sur le programme de stabilisation 1998,
en vigueur depuis le 1er janv. 2001 (RO 1999 2374 2385; FF 1999 3).

58

Introduit par le ch. I 2 de la LF du 15 déc. 2000 sur la coordination et la simplification
des procédures de taxation des impôts directs dans les rapports intercantonaux
(RO 2001 1050; FF 2000 3587).

59

ACF du 3 juin 1991 (RO 1991 1286)

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